Groupe atlantique de plongée

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 Interview de Francis Le Guen

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MessageSujet: Interview de Francis Le Guen   Mar 5 Sep - 19:06

Francis Le Guen : "Nicolas Hulot plongeait à l'époque comme un fer à repasser, il a fait des progrès !"

Plongeur depuis son enfance, Francis Le Guen est réalisateur de documentaires sous-marins. Il a fait escale à L'Internaute Magazine pour répondre aux questions des lecteurs, avant de repartir pour de nouvelles aventures.


Pourquoi faites-vous ce métier ?
Francis Le Guen. Par passion. J'ai la chance d'avoir pu en faire un métier.
Qu'est-ce qui vous a donné le goût de la plongée sous-marine ?
Mon père. C'est lui qui m'a également appris à nager. J'étais déjà un bon plongeur en apnée lorsque j'ai pu commencer à faire de la plongée avec une bouteille, à l'âge de huit ans, en Bretagne.

Quel a été le petit déclic qui a fait de vous un plongeur et grâce à qui ?
J'ai toujours eu envie de plonger. J'ai rencontré les bonnes personnes et la passion a fait le reste.

Votre famille plonge-t-elle également ?
Pas spécialement. Toutefois, mon frère en a fait. Aujourd'hui il est chef d'orchestre et compositeur. Mais il m'a accompagné dans toutes mes premières expéditions de plongée souterraine.

Votre métier vous laisse-t-il du temps pour avoir une vie de famille?
Hélas, pas au sens où on l'entend. C'est la part d'ombre de ce métier.

Pourquoi avez-vous créé les séries "Carnets de Plongée" ?
J'avais envie de me reposer ! Il y a plus de 7 ans, la série s'appelait "Photographe des 7 mers". Je l'avais créée par réaction à tous les autres documentaires "extrêmes" que j'avais pu réaliser pour Ushuaïa par exemple. Cela devait être quelque chose de simple, de fun, de facile. En fait, c'est devenu une vraie usine à gaz. Je voulais surtout montrer la plongée différemment. Je voulais faire de vous des acteurs et non plus de simples spectateurs.

Pourquoi avez-vous appelé votre série documentaire "Carnets de Plongée" ?
Le carnet de plongée est le petit livret que chaque plongeur transporte avec le résumé de ses plongées. C'est le réalisateur du premier épisode qui a trouvé ce titre : ça sonnait bien et c'est resté.

Combien coûte la réalisation d'un film documentaire ?
D'abord, il s'agit d'un magazine-documentaire, ce qui implique qu'il soit plus cher en raison de la présence d'un animateur et d'un autre type de narration. Cela dépend du format (13', 26', 52') et des moyens qu'on peut s'offrir. Si je m'en réfère aux différents producteurs avec qui je travaille : il manque toujours de l'argent !

Combien de personnes partent avec vous pour faire votre série documentaire ?
Chaque tournage requiert la présence de 5 à 6 personnes et 400 kg d'excédents de bagages !

Dans quels pays vous rendez-vous prochainement pour faire de la plongée ?
Nous partons le 3 mai pour l'Australie et la Nouvelle Calédonie où nous tournerons quatre épisodes de la saison 3.

Que pensez-vous du film de Luc Besson "Le Grand Bleu" ? Voudriez-vous réaliser un film comme celui-ci qui soit diffusé au cinéma ?
J'ai évidemment vu et revu "Le Grand Bleu", film qui a marqué son époque. C'était plutôt risqué de traiter un pareil sujet mais ça a marché. Je n'ai pas pour l'instant de désir de fiction. Je suis quelquefois sollicité et il se peut qu'un tel projet aboutisse. Mes goût personnels me porteront sûrement plus vers le roman.

Faites-vous de la photo sous-marine ?
J'ai été photographe professionnel spécialisé dans l'image sous-marine chez Sygma, aujourd'hui, Corbis.

Quel est selon vous le plus beau site pour faire de la plongée ?
Il est difficile de répondre. Presque toutes les mers du monde recèlent leurs joyaux. La Mer Rouge du sud reste incontournable. L'Asie est pas mal non plus.

Avez-vous déjà trouvé des trésors dans des épaves ?
J'ai trouvé des trésors dans des grottes, mais pas dans les épaves. Je connais des découvreurs d'épaves et je plonge parfois avec eux.

Pensez-vous que la télévision soit un bon moyen pour la diffusion de ce type de documentaire ?
C'est un programme qui a été conçu pour la télévision et donc, il est a priori adapté. Encore une fois, il s'agit d'un magazine qui se passe sur le terrain et non en studio.

Y-a-t-il de l'audience ?
Si j'en juge par le courrier reçu et les chiffres des chaînes, oui, vous êtes nombreux à regarder. Nous sommes diffusés aussi dans neuf pays pour l'instant. Mais tout est affaire de proportions : aucune commune mesure d'audience avec la télé-réalité.

Vous avez réalisé des films pour Ushuaïa que pensez-vous de Nicolas Hulot et de son action ?
Je connais Nicolas depuis de nombreuses années en réalisant des programmes pour Ushuaia. Nicolas plongeait à l'époque comme un fer à repasser ! J'ai vu qu'il avait fait des progrès. Son action existe et semble aller dans le bon sens.

Comment est Nicolas Hulot ?
Posez-lui la question.

Pensez-vous comme Nicolas Hulot qu'il est temps de tirer la sonnette d'alarme concernant l'état des mers ?
Tout le monde est à même de constater les dégradations de l'homme sur son écosystème. La mer est malade et en danger en beaucoup de points de la planète. Toutefois, dans "Carnets de plongée", j'essaie de montrer les choses qui sont restées belles, sans la prétention de délivrer d'autres messages.

Que pensez-vous de l'état des mers aujourd'hui ?
Tout dépend des lieux. Je connais des paradis encore vierges de toute pollution mais il y a aussi des dépotoirs. La Méditerranée a été bien abîmée par le développement de l'urbanisme à une époque où il n'existait pas de politique environnementale. Mais il y a aussi la Corse, toute proche et virginale.

Que pouvez-vous espérer de la diffusion de vos documentaires à la télévision ?
Une meilleure prise de conscience du fait que "plonger, c'est possible". Ce n'est plus une activité réservée à une élite ou à de grands sportifs.

Est-ce plus agréable de voir ses films projetés sur TF1 ou sur France 5 comme c'est le cas actuellement ?
Pour des raisons bassement matérielles, TF1, c'est mieux car il font l'audience maximum. Mais France 5 est une excellente chaîne et ce n'est pas à moi de faire le choix.

Croyez-vous que vos documentaires puissent aider à changer les mentalités ?
Quand on "s'expose", il en reste toujours quelque chose. Je n'ai pas la prétention de changer les mentalités mais je "donne à voir" en essayant d'indiquer "le bon geste".

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite faire votre métier ?
De ne surtout pas le faire ! Comme disait mon père : on ne peux pas en vivre.

Comment faire pour travailler avec vous ? (comme assistant par exemple).
Hélas, je ne suis pas en position de recruteur. Je suis indépendant. Mais cela se fait souvent au hasard des rencontres, des motivations. A priori, l'équipe est complète sur ce projet. Il y en a cependant d'autres en cours.

Combien d'année d'étude pour devenir plongeur ?
J'étais plongeur autonome à 8 ans. Et je n'avais pas encore fait beaucoup d'études.

Comment avez-vous réussi à faire de votre passion un métier qui vous fait vivre ?
J'ai toujours essayé de financer nos projets avec des "produits dérivés" c'est-à-dire des films, des livres, des conférences. Autant d'initiatives qui permettent de boucler des budgets. Il a fallu pour cela que je devienne professionnel dans plusieurs discipline comme le film, la presse, le multimédia...

La plongée, ça paye ?
A moins d'être trouveur de trésor, on ne peut pas dire que la plongée paye. Pour ma part, je ne vis pas de la plongée mais grâce à des programmes dont certains sont aquatiques.

Votre plus beau spot ?
Le prochain où j'irais ! Il y a tant d'endroits où j'aimerai me rendre : Brésil, Mer Rouge, Polynésie.

A quelle profondeur maximale peut-on filmer dans de bonnes conditions ?
Pour la série "Carnets de plongée", nous nous limitons dans la zone de profondeur accessible aux plongeurs de loisir soit la plupart du temps en deçà de 30 m. A l'occasion de la série 3, nous allons jusqu'à 60 m, quand il y a des choses à voir. Sinon, on peut filmer à toutes profondeurs comme pour Titanic.

Combien d'années avez-vous mis pour obtenir l'autorisation de plonger seul, et faire des reportages ?

Je suis d'une génération qui n'attendait pas les autorisations. Je les prenais.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez le plus souvent lorsque vous effectuez un film en mer ?
Le plus souvent, c'est le mauvais temps. Ensuite, les vents et autres embruns qui compliquent le travail de l'équipe de prise de vues "extérieures" et du son. Sinon, à chaque tournag,e il arrive des imprévus. C'est ce qui est drôle.

Est-que vous plongez régulièrement au nitrox, quelle a été votre plongée la plus profonde ?
Je ne pratique le nitrox [ndlr : mélange d'azote et d'oxigène] qu'à l'occasion, quand les centres sont équipés. Pendant mes explorations en grotte, j'ai fait des plongées aux mélanges de gaz dans la zone des 100-150 m. Mais on n'est plus dans le loisir dans ce type de cas.

Avez-vous plongé sous glace ? Si oui, quelle impression ça fait ?
Je plonge souvent sous glace. C'est froid, évidemment, mais c'est une sensation unique : essayez !

Quel secteur de la plongée récréative offre le meilleur avenir équilibré entre commerce et écologie ?
Probablement un tourisme dit "écotourisme" où la plongée n'est qu'un moyen parmi d'autres de découvrir un écosystème. De toute façon, dès qu'il y a développement de la plongée, il y a impact sur l'environnement. D'un autre côté, cela fait plus de témoins sous la mer.

Avez-vous eu des contacts privilégiés avec l'équipe Cousteau ?
J'ai eu l'honneur de rencontrer le Commandant qui m'a encouragé lors de mon expédition en Australie en 1983. Je connais aussi Francine Cousteau et j'ai travaillé avec bon nombre d'anciens de Calypso. L'un de mes caméraman vient de chez Cousteau.

Etes-vous déjà en train de mettre en boîte (DVD) un autre "Carnets de plongée" ?
Le coffret 1 est sorti le 23 mars. Nous écrivons le contenu du coffret 2 qui sortira à l'automne avec 10 nouveaux films. Ensuite, ce sera au tour de la saison 3 que nous tournons actuellement.

Je regarde votre émission du Canada. Est-ce que les DVD de votre émission sont en vente à Montréal ?
Bonne question ! Vous pouvez vous procurer le coffret par correspondance via notre site web : www.carnetsdeplongee.net.

Vous êtes-vous déjà fait peur en plongée? Quel est votre pire souvenir ?
En 40 ans de plongée, parfois avec des plongées extrêmes en cavernes, il m'est bien sûr arrivé un tas de choses. J'en ai raconté une partie dans un livre. J'en écris un autre actuellement. Pour vous donnez un exemple, au Brésil, d'où je reviens, j'ai failli me retrouver coincé dans une grotte à cause d'une oreille défaillante.

Où êtes-vous basé ? Sur les côtes françaises ?
J'habite désormais à Marseille.

Plongeur autonome à 8 ans, ça me paraît étrange : comment est-ce possible d'assurer la sécurité d'un autre plongeur à cet âge (ne serait-ce que pour des raisons de limite physique) ?
C'était l'époque où les règlements étaient plus "flous" qu'aujourd'hui. Toujours est-il que j'étais "autonome" dans la mesure où j'étais capable de suivre les plongeurs démineurs qui m'avaient "appris" à faire de la plongée.

Avez-vous déjà eu des accidents de plongées ?
Hélas oui, 2 fois. L'un était un accident "immérité". L'autre était une énorme erreur humaine lors d'un tournage Ushuaïa.

Avez-vous des anecdotes à nous raconter concernant votre métier?
Il faudrait que je réfléchisse. J'écrirai prochainement un livre basé sur ces anecdotes. Peut- être le mérou géant dans la grotte de basalte ou une rencontre avec un crocodile ?

Que pensez-vous de cette lutte (certes plus détendue) autour de la plongée entre les différents organismes (Fédé, PADI, ANMP, SSI) ?
Je pense que c'est un combat d'arrière-garde. Aujourd'hui, les gens veulent apprendre à plonger dans les conditions de confort et de sécurité maximum, et ensuite "consommer" du voyage-plongée dans les mêmes conditions. Tout le reste est stérile. Il faut prendre en compte les vrais désirs de voyageurs-plongeurs : une étiquette ou un voyage réussi ?

Dans quel domaine la prochaine grande invention qui aidera les plongeurs ?
Peut être un recycleur vraiment simple et fiable qui autorise un grand nombre de plongées. Mais entre nous, si je l'avais cette invention, vous croyez que j'irais la diffuser sur Internet !

Que pensez-vous des records de plongée en apnée ?
Ce n'est pas mon domaine mais je regarde en spectateur. Chacun suit son chemin. Je suis admiratif par rapport à la performance physique et aux limites que cela recule.

Avez-vous participé à des fouilles archéologiques sous-marines ?
Non. J'ai plongé en ex-Yougoslavie où il est difficile de ne pas casser une amphore quand on jette l'ancre !

J'ai lu "Les Scaphandriers du désert", j'ai trouvé ce livre très dépaysant et très agréable à lire, alors comment sera le prochain ? Je l'attends avec impatience.
Autant vous dire que le prochain livre sera différent.

Déjà croisé une sirène ?
Oui, j'en ai rencontré une à l'île Maurice. C'est désormais ma compagne.

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