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 Plonger dans le fleuve st laurent au Canada, 3 récits!

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MessageSujet: Plonger dans le fleuve st laurent au Canada, 3 récits!   Ven 28 Avr - 17:50

La baie des anémones

Ce site, qui se situe sur le terrain du Centre des loisirs marins, est très bien aménagé. On y accède par un long escalier de bois qui mène sur les rochers à proximité de l’eau. La baie des anémones, comme les autres sites de plongée du Centre des loisirs marins, est balisée sous l’eau par un câble fixé à la surface devant un escalier de béton submergé.

Dès les deux premières minutes de notre immersion, nous sommes entrés dans un important banc de lançons d’Amérique. Ces petits poissons argentés, très effilés qui ressemblent au capelan, nous ont offert un spectacle impressionnant. Le banc, constitué de plusieurs centaines d’individus, nous encerclait et évoluait en spirale. Ce banc compact se rétractait au moment de notre expiration de bulles bruyantes et se rapprochait pendant notre inspiration. Avec le reflet du soleil, les flancs argents des lançons miroitaient en tout sens. Nous sommes demeurés à la verticale quelques dix minutes à observer cette étourdissante danse qui donnait une impression d’infinité à ce banc de poissons dont nous ne pouvions distinguer l’origine ni la fin. Ensuite, une fois sortis de notre hypnose nous avons coupé le banc en deux en palmant en direction du fond de la baie des anémones.

Pour nous rendre au centre de la petite baie, nous avons "survolé" une vie marine très dense, composée bien entendu, d’anémones plumeuses mais aussi d’éponges verruqueuses de grande taille. Une des éponges formait un énorme beigne. Quelques unes de ces éponges étaient habitées par d’importantes colonies de caprelles que nous avons observées longuement. Il y avait aussi beaucoup de framboises de mer. Cet espèce de corail mou colore le fond d’un rouge foncé. Lorsque ces polypes sont fermés, ils forment une boule qui ressemble beaucoup à une grappe de framboises. Aussi, nous avons vu des anémones marbrées ainsi que des anémones noduleuses et un gros nudibranche hérissé. Il y avait également des pêches de mer, des psolus écarlates et des concombres de mer. Dans ces lieux, on aperçoit une grande diversité d’organismes pour peu que l’on se donne la peine d’observer en palmant tranquillement et en fouillant sous les nombreuses grosses roches qui forment le fond de cette jolie baie.

À quinze mètres, nous avons observé des crabes communs, des crabes araignées et des buccins. Il est toujours amusant de placer une étoile de mer à côté de ce gros molusque. On peut alors observer ses violentes contorsions qui lui permettront de s’éloigner rapidement du prédateur naturel que nous venons de déposer. La réaction est étonnante. Après tout il s’agit d’un mollusque qui se déplace à la vitesse d’un escargot en temps normal. Puis, nous avons vu un perceur d’huîtres atlantiques évoluer lentement sur le fond. Dans le sable, on pouvait bien apercevoir le siphon ouvert de colonies de myes communes ainsi que plusieurs couteaux droits. À notre retour, nous avons dérangé des mysis. Ces petites crevettes se nourrissaient tout en nageant d’un mouvement saccadé.

Près de notre point d’entrée, nous avons alors retrouvé le grand banc de lançons. Nous avons allongé notre plongée de plusieurs minutes pour rester immobiles au centre de ce banc argenté où tous les poissons qui nous observaient de leurs grands yeux étaient identiques. À l’occasion, quelques lançons se détachaient du groupe pour nous inspecter de plus près en se dandinant de leur corps élancé. Après être venus, très près de nos têtes, ils réintégraient le troupeau et se confondaient rapidement à tous les autres. L’eau, d’une température d’un degré celsius, qui nourrit tant de vie marine, a pourtant fini par nous causer quelques frissons qui nous ont amenés à nous diriger vers la sortie malgré ce spectacle et les rayons du soleil qui illuminaient les rochers.



Le printemps au site de Denis

À marée basse, Jean-François, Rachel et moi sommes descendus tout équipés sur les rochers pour rejoindre le flot des vagues. Nous nous étions donné pour objectif d’aller visiter un loup atlantique bien connu des plongeurs. Sa "tanière", une cavité entre deux roches de bonne taille bien décorée de vie marine, se trouve à une dizaine de mètres de profondeur. Dès notre immersion sur une pente douce, nous avons progressé vers la corde qui nous mène à la tanière du loup atlantique. Deux cents mètres plus loin nous étions arrivés. Surprise! Ils étaient deux. C’était véritablement le printemps sous l’eau. Le loup de mer qui habite au bout de la corde avait une compagne en cette saison de reproduction. Nous nous sommes couchés sur le ventre face à cet étrange couple au regard menaçant. Jean-François, qui connaît bien le comportement de cette espèce de poisson au corps d’anguille et à la tête énorme, a immédiatement placé un oursin bien en évidence devant nous. C’est alors qu’après quelques secondes, le plus imposant des deux loups a bondi prestement sur l’oursin pour se retirer aussitôt dans son trou. Nous avons vu et entendu ce monstre bleu gris aux yeux globuleux broyer l’oursin avec sa mâchoire puissante. Ébahis, nous sommes restés plusieurs minutes à observer ce couple aux dents proéminentes et à l’allure agressive. Pourtant, malgré leur physionomie intimidante ces loups de mer se sont montrés bien dociles et indifférents à notre présence.

Puis nous sommes revenus en longeant la corde, qui par endroits, se dissimule sous d’imposants bouquets d’anémones. Les tentacules blanches de ces anémones, très répandues dans les eaux des Escoumins, se berçaient lentement au rythme du courant. À certains endroits, non loin de la corde, nous avons contemplé d’imposantes éponges verruqueuses d’un jaune vif. Sur ces éponges, se trouvaient des caprelles affairées à capturer des proies invisibles. Ces minuscules crevettes écarlates ressemblent étrangement à des mantes religieuses et offrent un spectacle amusant aux spectateurs qui les regardent de très près. Ensuite, nous avons observé, à notre retour près des rochers, une grosse poule de mer qui se trouvait à huit mètres de la surface. Comme ce poisson à l’allure un peu ridicule s’éloignait lentement de nous, j’ai palmé rapidement à sa rencontre en décrivant un demi-cercle. Une fois rabattu vers Jean-François et Rachel, la poule s’est laissée manipuler tranquillement. Elle se maintenait en suspension tout juste devant nos masques en battant rapidement de ses toutes petites nageoires. À travers mes gants de néoprène, je sentais bien ses flancs rugueux, constitués de tubercules pointus. Rachel a alors placé la poule sur sa tête pour que sa ventouse pelvienne colle à sa cagoule. Après un moment, nous l’avons gentiment laissée retourner à ses activités de frai avant qu’elle ne reparte vers les profondeurs, dès les premiers jours de l’été. Cet animal fascinant compte au nombre des créatures qui contribuent à renforcer mon émerveillement face à la faune marine du St-Laurent.

À cette période de l’année, la faune se trouvait à une étape de son cycle biologique que je n’avais jamais pu observer auparavant. Toutes les étoiles de mers communes que nous avons aperçues au cours de cette plongée s’étaient enroulées en spirales pour le temps de la ponte. Pour compléter le tableau printanier, des dizaines et des dizaines de crabes communs déambulaient activement. Chaque mâle maintenait une femelle par une pince placée en équerre en attendant que celle-ci soit prête à l’accouplement. Ce mouvement ressemble étrangement à celui d’un joueur de football qui maintient un ballon dans le creux de son bras afin de traverser le terrain sans en perdre la maîtrise. Puis, Jean-François a trouvé des nudibranches dissimulées dans les feuilles de laitues de mer. Tout près de là, accrochées aux rochers, il y avait des pontes de nudibranches, facilement identifiables, à leur forme de banderoles. Puis, nous avons terminé cette plongée peu profonde, d’une durée de quarante-quatre minutes dans l’eau de deux degrés, en jouant avec une petite stichée arctique posée sur le fond. J’ai ensuite retiré mes palmes dans un mètre d’eau avant de me hisser sur les rochers, me synchronisant avec le rythme des vagues et prenant bien soin de ne pas marcher sur les crapauds de mer qui demeuraient couchés sur le fond de roches. Une fois sorti de l’eau, mon attention a été attirée vers le large par un grand navire passant dans la voie maritime. Je me suis prélassé tout équipé, assis sur les rochers couverts d’algues odorantes, songeant déjà à la plongée que nous ferions dans l’après-midi.



Le quai des pilotes

Nous sommes entrés à l’eau en faisant un saut droit à partir des roches tout près du quai des pilotes. Nous nous sommes laissés couler lentement le long du mur comme des parachutistes jusqu’à notre profondeur maximale de trente mètres. Même à cette profondeur, la visibilité était si bonne que nous percevions très bien les variations d’éclairage dues aux passage des nuages. Dès les premiers instants qui ont suivi notre arrivée en eau profonde, nous avons repéré un petit groupe de sébastes qui cherchaient à se dissimuler dans les cavités du mur. Ces poissons rouges aux grands yeux ressemblent à des espèces habitant les récifs coralliens. Nous sommes restés un bon moment à notre profondeur maximale à inspecter les nombreux trous entre les roches. En éclairant dans les trous avec ma lampe, j’ai dérangé une morue de bonne taille qui s’est éloignée tranquillement. Puis, nous sommes remontés lentement en prenant un bon recul du mur. De cette façon, nous avons pu apprécier les nombreuses lézardes à la verticale dans le mur à l’intérieur duquel se trouvent des étoiles de mer de plusieurs espèces. Après nous en être rapprochés, nous avons vu de très beaux spécimens de pêches de mer de couleur orangée. Il y avait aussi des ascidies gouttes de sang qui portent bien leur nom car elles m’ont donné l’impression de me trouver sur la scène d’un crime. Cette éponge, par sa forme et sa couleur, ressemble véritablement à une tache de sang. Il y avait aussi, bien sûr, des concombres de mer et des psolus écarlates dont les tentacules étaient ouverts en quête de nourriture. Une riche vie marine est solidement accrochée à ce mur naturel, qui, au fil des années, a fait des Escoumins un site de plongée sous-marine des plus intéressants. Peu importe où l’on pose le regard sur le mur, on aperçoît une vie marine très dense. Nous avons ensuite effrayé un poulamon atlantique et regardé une morue de roche. Rachel a débusqué a dix-huit mètres de profondeur une petite plie qu’elle a saisie et m’a tendue. J’ai essayé tant bien que mal de retenir le poisson qui frétillait au dessus de ma tête tout en résistant au courant soutenu qui nous poussait en direction est. Jean-François nous filmait pendant que nous nous sommes amusés avec ce poisson plat, fréquent à cet endroit.

Une fois remontés vers les dix mètres, nous nous sommes dirigés vers le quai des pilotes. Ce vieux quai en bois offre un abri naturel pour la très riche vie marine des Escoumins. L’espace entre les planches est habité par de nombreuses anémones plumeuses qui ressemblent à des fleurs plantées dans des boîtes. Pour cette raison, cet endroit est communément appelé le "bac à fleurs" par les plongeurs de la région. Une morue franche de bonne taille se cachait dans le quai, protégée par de très grosses laitues de mer. En soulevant les "feuilles" de laitues de mer, nous avons observé de très beaux spécimens d’éponges, d’étoiles et de crabes communs cachés entre les planches. Plus à l’ouest du quai dans le fond, nous avons vu ensuite un gros buccin commun dont nous pouvions bien apercevoir le siphon dressé vers l’avant, tel un bras pointant une direction. Fixés sur les parois du quai, il y avait des doigts de la mort, dont l’apparence, tout comme le nom, est résolument sinistre.

À la base du quai, Jean-François a ensuite libéré un crapaud de mer, prisonnier d’une anémone mais toujours vivant. Dans les secondes qui ont suivi, j’ai aperçu une belle crevette striée. Pendant quelques instants, nous avons observé le comportement de ce petit animal coloré avant de nous diriger dans le trou du quai des pilotes. Puis, nous sommes entrés dans cette large enclave à l’intérieur du quai. Je me suis couché dans le fond, sous le quai, pour observer le jeu de lumière dans l’eau claire. J’ai bien scruté la faune protégée par cet environnement. Les anémones et les éponges y sont plus grosses qu’ailleurs et les moules bleues, très nombreuses, se fixent en grappes aux planches de bois. Puis, pour terminer cette plongée de quarante-six minutes, nous avons observé une limace marbrée d’une douzaine de centimètres. Ce poisson est difficile à apercevoir car il se confond avec le fond sur lequel il se fixe à l’aide d’une ventouse et replie sa queue le long de son corps. Tout près de la surface, Jean-François m’a alors montré un lucernaire à quatre cornes. Cette petite méduse fixe ressemble à une clochette qui s’agite au rythme du courant. C’est ainsi que s’est achevée cette plongée typique au quai des pilotes.
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